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AlmA
Création pour deux danseuses autour du handicap transcendé


AlmA est une création autour du handicap transcendé dans une chorégraphie pour deux femmes, Annie Edwards, jeune danseuse "de petite taille" atteinte du syndrome de nanisme, que j’ai rencontrée à The Place à Londres (équivalent du conservatoire supérieur de danse de Paris) et Aurore Godfroy danseuse de ma compagnie qui a déjà participé à plusieurs de mes projets avec oiseaux.

Le thème central sera celui du corps « engagé »  dans  la Danse et la Joie, celle qui  apparaît comme un moyen de se rendre plus présent au Monde, plus à l’écoute, celle qui, selon le concept spinozien, augmente notre puissance à être.

Quand le corps s’engage la différence disparaît, la vie s’exprime.

GENESE DU PROJET

Le projet est né de la rencontre de Luc Petton avec Frédérique Deghelt, romancière et réalisatrice, lors du "Festival International du Film du Handicap" pour lequel la compagnie avait été invitée à jouer un extrait de Oscar dans lequel le corps est « appareillé » dans un costume de bois inspiré de Oskar Schlemmer, du Bauhaus.

Mère d’un enfant « différent », elle vient de publier un livre, Etre Beau  en collaboration avec la photographe Astrid Di Collalanza, sur le regard porté sur le handicap : quel miroir nous tendent ces corps brisés ou infirmes, qui sont aussi des corps réparés, transcendés ? Quels sont leurs pouvoirs, physique et symbolique ? Une façon de leurs donner image et parole.

Ce questionnement est comme  un écho à la démarche de la compagnie depuis maintenant 20 années auprès d’enfants handicapés pour lesquels elle intervient au CAMPS de l’hôpital de Soissons sous la thématique « comment redonner une étincelle de joie dans un corps médicalisé».

Les personnes à handicap sont des êtres d’exception. Elles sont «exceptionnelles ». On peut voir leurs différences comme des différences qualifiantes, et non pas dis-qualifiantes, comme autant  d’ouvertures pour la rencontre et la création de mondes plus habitables avec tous les êtres autres qui comptent.

LA CREATION

Dans cette pièce, Luc Petton ne pouvait imaginer meilleures interprètes qu’Annie et Aurore.
Annie pour l’énergie vitale joyeuse qu’elle irradie, servie par une grande technicité et un sens aigu des dynamiques.
Aurore, non seulement pour son talent de danseuse confirmée mais surtout pour sa qualité d’écoute bienveillante et sa capacité à se laisser inspirée par ses partenaires comme elle prouve tout dernièrement dans un duo incroyable avec Rose le Vautour dans Ainsi la Nuit, ou encore avec les cygnes de la création Swan.

Le propos du chorégraphe est d’arriver à une "empathie sans pathos" ce qui sonne comme un oxymore, une injonction paradoxale, un clair-obscur de l’émotion.

Ce qui le touche en présence de personnes à handicap c’est leur absence totale de "paraître" ce qui paradoxalement les rend plus visibles, d’une pure présence, sans artifice que leur être là.

C’est cette qualité de transparence du geste qu'il souhaite créer sur scène, quand le mouvement émane de ce qui "urge" de l’interprète.  D’autres thèmes de recherche vont le passionner :

  • l’espace d’attraction entre danseurs
  • les gémellités improbables
  • au cœur du mouvement, le silence
  • les empathies « naturelles » ou comment les corps «transpirent » de l’empathie
  • exultation

 

 

Chorégraphe - Luc Petton
Conseillère artistique - Marilén Iglesias-Breuker
Interprètes -  Annie Edwards, Aurore Godfroy
Costumes - Sophie Jeandot
Musique - bande son
Création lumières - Marine FLorès

EN PARALLELE

Conjointement au duo de danse, Luc Petton mettra en scène une version plus composite, sous le titre Etre Beau avec une actrice donnant des extraits de textes du livre, une projection d’images, un montage de danses extraites du duo avec musique live.

Une première visibilité de cette version sera donnée à voir au Musée de l’Homme à Paris en juin 2020.

quelques mots d'Annie

Chaque corps  « différent » a son  importance. Il est précieux. Il réclame simplement « d’être vu ». La danse peut être  l’endroit de ressourcement des personnes à handicap, si on le lui autorise. (sous-entendu si on les y acceptent).  Je ne suis ni une exception ni une héroïne. Ils sont nombreux comme moi. Je me sens reconnaissante mais aussi responsable en tant qu’artiste d’avoir un telle plateforme pour faire que les choses changent.

quelques mots d'Aurore

Ce qui me plait le plus quand j’aborde une nouvelle création c’est la découverte de mes partenaires qui arrivent d’horizons et même parfois de cultures différents. A cela s’ajoute le plaisir de la rencontre. La danse est pour moi le lieu privilégié de la rencontre. L’énergie de la danse est notre language. C’est elle qui nous réunit.